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« Babana » : un surnom ordinaire aux relents de stigmatisation.

À Yaoundé, le terme « Babana », largement utilisé pour désigner les moto-taximen, dépasse la simple appellation familière. Derrière ce mot d’origine haoussa se cachent des perceptions contrastées.

Idrissa moto-taximan

Dans les rues animées de Yaoundé, les moto-taximen occupent une place essentielle dans la mobilité urbaine. Pourtant, l’appellation « Babana », couramment utilisée pour les désigner, est loin de faire l’unanimité. Si certains y voient un simple surnom sans arrière-pensée, d’autres dénoncent une étiquette réductrice, voire stigmatisante.À l’origine, « Babana » signifie « mon père » en langue haoussa, une expression empreinte de respect. Mais dans l’usage quotidien, le sens semble s’être altéré. Pour de nombreux conducteurs venus du Grand Nord, ce mot est désormais associé à des clichés persistants : pauvreté, rudesse ou encore manque d’éducation.« On nous réduit à une image négative », confie Ousman, moto-taximan. Comme lui, plusieurs dénoncent un regard méprisant qui les enferme dans une identité caricaturale. Ce sentiment est renforcé par certains discours populaires qui associent systématiquement « Babana » à une conduite jugée anarchique.Du côté des usagers, les avis divergent. Certains reconnaissent des excès sur la route, tandis que d’autres appellent à éviter les généralisations. Pour ces derniers, il s’agit avant tout d’un problème de comportement individuel, et non d’une question d’origine.Au-delà du mot, le débat autour de « Babana » révèle des tensions plus profondes liées à la cohabitation urbaine et aux perceptions sociales. Entre banalisation et rejet, ce surnom continue d’alimenter les discussions dans la capitale camerounaise.

2 commentaires

  1. Nous saluons avec la bravoure votre engagement et la passion de ce métier.beaucoup du temps d’étude et courage

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justinbapowa220@gmail.com

BAPOWA Justin est étudiant en troisième année de journalisme à l’ESSTIC. Animé par une vive passion pour le journalisme d’investigation et les questions politiques, il manifeste également un intérêt prononcé pour les problématiques sociétales contemporaines. Né le 6 mai 1998 à Mindif, il est titulaire d’une licence en sociologie rurale et urbaine, obtenue en 2022 à l’Université de Dang. Ce parcours académique, conjugué à son engagement intellectuel, témoigne d’une volonté affirmée de décrypter les réalités sociales et de contribuer, par l’information, à l’éveil des consciences.

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