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« Babana » : un surnom ordinaire aux relents de stigmatisation.
À Yaoundé, le terme « Babana », largement utilisé pour désigner les moto-taximen, dépasse la simple appellation familière. Derrière ce mot d’origine haoussa se cachent des perceptions contrastées.

Dans les rues animées de Yaoundé, les moto-taximen occupent une place essentielle dans la mobilité urbaine. Pourtant, l’appellation « Babana », couramment utilisée pour les désigner, est loin de faire l’unanimité. Si certains y voient un simple surnom sans arrière-pensée, d’autres dénoncent une étiquette réductrice, voire stigmatisante.À l’origine, « Babana » signifie « mon père » en langue haoussa, une expression empreinte de respect. Mais dans l’usage quotidien, le sens semble s’être altéré. Pour de nombreux conducteurs venus du Grand Nord, ce mot est désormais associé à des clichés persistants : pauvreté, rudesse ou encore manque d’éducation.« On nous réduit à une image négative », confie Ousman, moto-taximan. Comme lui, plusieurs dénoncent un regard méprisant qui les enferme dans une identité caricaturale. Ce sentiment est renforcé par certains discours populaires qui associent systématiquement « Babana » à une conduite jugée anarchique.Du côté des usagers, les avis divergent. Certains reconnaissent des excès sur la route, tandis que d’autres appellent à éviter les généralisations. Pour ces derniers, il s’agit avant tout d’un problème de comportement individuel, et non d’une question d’origine.Au-delà du mot, le débat autour de « Babana » révèle des tensions plus profondes liées à la cohabitation urbaine et aux perceptions sociales. Entre banalisation et rejet, ce surnom continue d’alimenter les discussions dans la capitale camerounaise.

Parfait
Nous saluons avec la bravoure votre engagement et la passion de ce métier.beaucoup du temps d’étude et courage